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02/06/2009

Ma vie en vert, la révolution des écoquartiers.

2497234152_cd8688099b.jpgUn écoquartier ? Sous l'appellation se cache un concept à la mode, promesse d'une cité moderne, écologique, parfois bobo, à l'image de ces pionniers sortis de terre au tournant des années 2000 : Bedzed à Londres, Malmö en Suède ou Fribourg en Allemagne.

 

En France, les projets fleurissent. Une vingtaine : Confluence à Lyon, la Courrouze à Rennes, ou l'écoquartier fluvial de l'Ile Seine Saint Denis. Le premier sera inauguré à Grenoble, dans la Zac de Bonne, cette année, alors que leMinistère de l'Ecologie tente de réguler ce foisonnement et dévoilera de son concours "Ecoquartier" en juin. Le green way of life, c'est donc une question d'actualité. C'est aussi une nécessité, penser la ville autrement dans le cadre du développement durable.

 

Mais un écoquartier, c'est quoi au juste ? "Un cadre de vie à faible impact écologique", avec pour mot d'ordre, économiser l'eau, l'énergie, retraiter un maximum de déchets, favoriser les déplacements doux, installer la mixité sociale et générationnelle, tout en créant une certaine qualité de vie, dans un cadre où la nature reprend aussi ses droits.

 

Un cadre, mille possibilités. Ainsi à Grenoble, 850 logements, des hôtels, des commerces, des bureaux et une école. Le toit du centre commercial est une centrale électrique photovoltaïque qui alimente l'éclairage public, et chaque immeuble accueille panneaux solaires thermiques pour la fourniture d'eau chaude, et cogénération au gaz pour les particuliers. Un habitat durable noyé dans des coulées vertes que se ré-approprie la faune sauvage, avec pourquoi pas des zones de culture adjacentes.

 

Omniprésentes, les économies dues à l'architecture passive, ce qui sous entends un cahier des charges strict :

 

- 50kWh/m2.an pour le chauffage (énergie primaire)

- 20 KWH/an/m2 : Eau chaude sanitaire

- 15kWh/m2/an pour le solaire

- 7 à 10kWh/m2/an pour l’électricité des parties communes.

 

Un écoquartier doit donc allier technicité, innovations. Aux habitants ensuite d'allier le quotidien qui va avec, car y emménager sans rien changer à ses habitudes, n'a aucun sens pour les plus engagés: la température idéale l'hiver c'est 19°, et on n'utilise pas l'eau de javel pour préserver les roseaux qui recyclent les eaux sales comme à Eva-Lanxmeer. On n'ouvrira pas les fenêtres dans un logement passif, afin de garder la chaleur, et on surveillera sa consommation d'eau et d'électricité sur les compteurs installés au-dessus de l'évier comme à Bedzed. Bref, il faudra s'habituer.

 

Mais les résultats sont là, une famille "Bedzed" consomme moitié moins d'électricité que la moyenne, et produit donc par conséquent moins de CO2.

 

A Rouen,  10.000 personnes habiteront bientôt un l'écoquartier Flaubert, quartier en réhabilitation sur un site industrialo-portuaire de Rouen. Ce projet de rénovation urbaine de 80 hectares est compris dans le projet Seine Ouest qui totalise 800 hectares, et prévoit de transformer cet ancien site industriel en espace urbain et paysager.

 

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Pour aménager le nouveau quartier, trois équipes d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes ont planché depuis 2006. Les 80 hectares de Seine Ouest s’étendent autour de la gare de fret et de friches portuaires. Les trois équipes en compétition pour la réhabilitation de cet espace devaient intégrer dans leurs projets respectifs des bâtiments (50% de logement, 40% d’activité tertiaire et 10% d’équipements publics) allant dans le sens du développement durable.



L’agglomération Rouen voulait aussi que ces projets intègrent le "muscle ferroviaire" existant, et créent un lien entre la Seine et la ville. Les villes de Rouen et Petit-Quevilly, sur lesquelles s’étend le nouveau quartier, avaient en effet été séparées par la guerre et s’étaient reconstruites en tournant le dos à la Seine. Cet effort s’appuie sur la récente construction du pont Gustave-Flaubert. Ce pont levant est le sixième de Rouen et ses 2x2 voies s’élèvent à 50 mètres pour laisser passer les bateaux de commerce mais surtout afin de pouvoir accueillir l’Armada. La presqu’île de Rollet, reliée au pont Gustave Flaubert, sera un espace de promenade.

 

20080122_110141_20080121_172218_osty.jpgL’équipe dirigée par la paysagiste Jacqueline Osty qui a été retenue face aux projets Grumbach et Grether, entend ainsi créer un quartier attractif et dynamique, en soulignant l’appartenance à l’univers portuaire, mais aussi "l’obligation de créer une qualité équivalente à celle de la rive droite". Les quais sont appelés à devenir de "grands espaces" visant à accueillir des événements. Une zone centrale de 20 hectares propose en outre "une forme urbaine originale, un paysage ouvert avec une importante présence végétale" accompagné d’une "grande diversité de fonctions urbaines" regroupant bureaux, logements, équipements et services.


On le voit donc, plus qu'un concept, l'écoquartier se veut d'abord un mode de vie. On construit, on vit, on entretient et enfin on pense la reconversion d'un quartier dans le cadre du développement durable. Plus qu'une opération immobilière à l'échelle d'un quartier, la démarche se doit d'être pensée avec cet objectif.

 

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On le voit bien, entre volonté affichée d'être une grande écocommunauté digne de ses grandes soeurs du Nord et opération d'annonce marketting, l'écoquartier Flaubert devra trouver sa voie et prouver qu'il peut être la figure d'un Rouen durable au XXIe siècle.

 

Plus d'info :

http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/index.php3

 

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