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24/08/2009

Un soupçon de bio...et une grosse dose d'idéologie.

2044432911.jpgLe bio dans les cantines est plébiscité par les Français pour la santé : en effet, 71 % d’entre eux jugent qu’il est « prioritaire » de l’introduire dans les assiettes des cantines scolaires, notamment pour la santé des enfants. Par ailleurs, 78% pensent qu’introduire le bio dans les assiettes scolaires est « un acte écologique ». Sans raisonner au son des sondages, aller vers une meilleure qualité de ce que mangent nos enfants se doit d’être le but recherché.

 

Autant faut-il préalablement en définir collectivement les objectifs :

 

L’expérience montre que les démarches associant l’ensemble des acteurs (élus, gestionnaires, responsables des achats, cuisiniers, diététiciens, convives, enseignants et parents d’élèves en milieu scolaire…) ont plus de chances d’être couronnées de succès, même si fédérer tout le monde n’est pas toujours facile.

 

Quels objectifs doit-on se fixer dans l’introduction de produits bio ?

 

Introduire quelques produits tous les jours ou organiser un repas bio par semaine ou par mois ? Communiquer sur la bio uniquement, ou en profiter pour aborder l’importance d’une alimentation équilibrée et de qualité? Ou encore rassurer les convives (et les parents, en milieu scolaire) sur la qualité et la sécurité alimentaire ? Ou encore faire comprendre le lien entre agriculture, environnement et alimentation, et l’urgence de préserver les ressources naturelles ?

 

Un sujet où bien sûr dès que l'on aborde le thème du mieux manger pour une meilleure santé de nos enfants, on ne peut qu'être d'accord, mais qui ne doit pas pour autant laisser place à la doctrine, mais répondre à un certain pragmatisme. Alors le Bio, oui, mais pas à n'importe quelle sauce, car passer, dès demain, tout l'approvisionnement des cantines de Rouen en bio, ce n'est pas si facile que cela.

Et c'est bien là le problème, le bio français est en faillite total, et c'est moins de 2% des surfaces agricoles de notre région qui sont consacrées de façon artisanale à ce type de culture. La carotte et la pomme de terre viennent maintenant d'Italie, la framboise de Pologne... seul le brocolis pourrait être fourni en quantité suffisante. Alors quand on parle d'approvisionnement en cycle court, on le voit bien, si l'on doit faire parcourir 2000 kms en camion à nos chers légumes, le bénéfice environnemental de l'opération paraît pour le moins amoindri.

 

Dans le primaire, c’est au Maire de fixer la participation financière des familles sur la base du quotient familial. Dans le second degré, le prix du repas est arrêté en conseil d’administration. Dans tous les cas, le prix facturé n’est pas le coût du repas même s’il est si faible qu’on peut s’interroger sur la qualité : Quel est le prix d'un repas ?

 

La restauration scolaire est régie par la circulaire interministérielle du 25 juin 2001. Celle-ci tient compte des normes et exigences actuelles et avance des recommandations en matière de nutrition et de mise en oeuvre dans les écoles et les établissements scolaires.

 

Les cantines sont placées sous le contrôle du Ministère de l'Agriculture.

 

Le tarif est librement fixé par la collectivité compétente depuis le décret du 29 juin 2006. Mais il ne peut dépasser le coût du service rendu y compris les investissements mais moins les subventions reçues - Ouf ! Il peut être aussi modulé selon le revenu et le nombre de personnes du foyer - le plus souvent selon le quotient familial.

 

Le coût d’un repas à la cantine :


Un repas est facturé aux familles en moyenne 3,66 €.

Le fournisseur facture à une Mairie en moyenne 1,98€ hors taxes par repas qu’il décompose en prix des denrées 1,37€ *, main d’oeuvre 0,24€ , ... et une marge de 0,06 € (chiffres 2000).

Au coût de fabrication et fourniture des repas, s’ajoutent les frais de personnel communal (3,66€ /repas) qui assure la préparation, les services, l’animation du temps périscolaire (interruption entre midi et deux heures).

Il faut aussi ajouter les frais d’électricité, d’eau, d’entretien, ... (0,61€) et l’ensemble des frais de gestion (0,3€).

Pour un total d’environ 6,4€à 6,86€ par repas en primaire et jusqu’à 10€au collège et au lycée, qui est donc partiellement pris en charge par la collectivité.

Mettre en place une alimentation estampillée bio (AB) coûte selon les cas de 0,15€ à 0,23€ par repas. Beaucoup moins si on la réserve à la viande de boeuf et d’agneau.

 

A Rouen, la restauration scolaire c’est :


Chaque école dispose d’un restaurant scolaire. La fourniture des repas est assurée selon le principe de la liaison froide.

Pendant les repas et l’après-repas, les enfants sont encadrés par des enseignants ou des personnels rémunérés par la Ville.

Les 54 écoles sont desservies par la cuisine centrale de la société Avenance.

Inscription :

À l’arrivée le matin à l’école, l’enfant introduit la carte Atout dans la borne et saisit sur le clavier la touche correspondant au repas.

Pour remplir le dossier d’inscription :

mars/avril : pour les nouvelles entrées à l’école, remplir un formulaire pour solliciter l’envoi du dossier d’inscription à votre domicile.

juin : pour les enfants déjà scolarisés, les dossiers sont disponibles dans les écoles.

toute l’année : les dossiers peuvent être retirés à l’Hôtel de Ville, dans les Mairies annexe et à la mairie itinérante.

Tarifs

Ils sont déterminés en fonction du quotient familial.

Règlement

La famille reçoit une facture et effectue le règlement à l’émetteur.

Tous les repas non pris sont décomptés.

A Rouen, pour l’année 2006/2007 nous avions besoin de 776 002 repas pour les scolaires. (36 % pour les maternelles,

54 % pour les primaires, 10 % pour les adultes accompagnants). La redevance perçue par la ville de Rouen est de l’ordre de 225.000 € par an soit 0,26 € par repas.

La cuisine centrale fabrique actuellement 11 000 repas par jour dont 5 500 pour les scolaires de Rouen. Le reste (la moitié !) est redirigé vers d’autres structures de restauration collective jusqu’à Creil (Oise).

 

La gestion : A Rouen, depuis le 18 octobre 1993, la gestion des cantines scolaires est confié à la société Avenance.


Au travers du rapport de synthèse 2006/2007 transmis par la société Avenance, il convient de s’arrêter sur quelques chiffres :

- Entre 2006 et 2007, la société Avenance a servi un total de 776 002 repas pour les écoles élémentaires et maternelles rouennaises, ainsi qu’aux adultes « personnels de service, surveillants et enseignants »

- Le prix unitaire du repas a été stable pour s’élever à fin 2007 à 5,957 € TTC.

- Les prix des repas facturés aux familles relevant de la Ville, sont fixés chaque année par décision du Maire, en fonction du quotient familial : le prix du repas facturé aux familles se trouve donc compris entre 0,71€ à 3,30€. Depuis la mise en place de la « carte atout » en octobre 2006, la facturation et l’encaissement auprès des familles sont assurés par la régie municipale.

- D’après les chiffres fournis par la société Avenance, le prix de vente moyen d’un repas en 2006/2007 s’élevait à 5,62€ pour un coût moyen de 5,64€ ; sur la période 2005/2006, ces chiffres étaient respectivement de 5,56 € et 5,04 €.

- 2 redevances sont versées à la Ville par le délégataire. Une est liée à l’occupation du domaine public, elle est d’un montant de 11 465€ en 2006/2007. Par ailleurs, Avenance a été autorisé a utiliser les restaurants scolaires pour confectionner des repas destinés à des écoles d’autres commune ( la ville de Creil par exemple), à des associations. A ce titre, une redevance correspondant à 10% du prix de vente de ces repas est versée à la Ville. Celle-ci a rapporté 246 333 € lors du dernier exercice.

- Dans le cadre de la délégation de service public qui lui a ainsi été accordée, il est à noter que la société Avenance a respecté les conditions imposées en terme de sécurité alimentaire et de formation des personnels, et que des travaux d’entretien, d’amélioration et de remplacement ont été pris en charge dans un certain nombre de bâtiments, animé des manifestations comme la semaine du goût, les repas de noël, galettes des rois…et mis en place le principe de « self qui fait grandir » à l’intention des élèves de classe élémentaire et de maternelle.

- La société Avenance emploie 33 personnes au niveau de la cuisine centrale (33 CDI - 1 CDD), issues essentiellement de Rouen et des environs.

 

Et ailleurs dans l’Agglo ?

 

Bihorel : régie municipale

-600 repas par jour ( écoles, crèches, foyers des anciens, accueil des loisirs)

-un repas bio tous les deux mois

Bois-Guillaume : prestataire (Avenance)

Darnétal : régie municipale

Sotteville-lès-Rouen : prestataire (scolarest)

Grand-Quevilly : régie

- 1700 repas par jour

Petit-Quevilly : régie

- Assure les repas des écoles, des résidences pour personnes âgées, des centres de loisirs

Saint Etienne du Rouvray : régie – gestion par la caisse des écoles.

 

Le groupe des Verts affirme que l'intégration du bio au niveau de la cantine scolaire est indissociable d'une reprise en gestion directe. Toutefois, aucune argumentation sérieuse n'a pu nous être fournie pouvant étayer cette affirmation, si ce n'est la sempiternelle théorie que la délégation à une entreprise privée, donc faisant des profits, serait en total contradiction avec les notions de service public et de qualité. Une "vérité" qui se trouve toutefois mise à mal par le choix récent de la municipalité socialiste de Saint Etienne, qui contrairement à Rouen, a décidé de confier au privé la gestion de ses cantines scolaires avec des objectifs d'alimentation bio de proximité nettement plus ambitieuses que celles que l'on nous annonce.

 

Plus d'infos :


http://www.repasbio.org/
http://www.terra-economica.info/a4328.html
http://www.avenance.fr/enseignement-presentation.aspx
http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/IMG/pdf/G4_Synthese_Rapport.pdf

02/06/2009

Ma vie en vert, la révolution des écoquartiers.

2497234152_cd8688099b.jpgUn écoquartier ? Sous l'appellation se cache un concept à la mode, promesse d'une cité moderne, écologique, parfois bobo, à l'image de ces pionniers sortis de terre au tournant des années 2000 : Bedzed à Londres, Malmö en Suède ou Fribourg en Allemagne.

 

En France, les projets fleurissent. Une vingtaine : Confluence à Lyon, la Courrouze à Rennes, ou l'écoquartier fluvial de l'Ile Seine Saint Denis. Le premier sera inauguré à Grenoble, dans la Zac de Bonne, cette année, alors que leMinistère de l'Ecologie tente de réguler ce foisonnement et dévoilera de son concours "Ecoquartier" en juin. Le green way of life, c'est donc une question d'actualité. C'est aussi une nécessité, penser la ville autrement dans le cadre du développement durable.

 

Mais un écoquartier, c'est quoi au juste ? "Un cadre de vie à faible impact écologique", avec pour mot d'ordre, économiser l'eau, l'énergie, retraiter un maximum de déchets, favoriser les déplacements doux, installer la mixité sociale et générationnelle, tout en créant une certaine qualité de vie, dans un cadre où la nature reprend aussi ses droits.

 

Un cadre, mille possibilités. Ainsi à Grenoble, 850 logements, des hôtels, des commerces, des bureaux et une école. Le toit du centre commercial est une centrale électrique photovoltaïque qui alimente l'éclairage public, et chaque immeuble accueille panneaux solaires thermiques pour la fourniture d'eau chaude, et cogénération au gaz pour les particuliers. Un habitat durable noyé dans des coulées vertes que se ré-approprie la faune sauvage, avec pourquoi pas des zones de culture adjacentes.

 

Omniprésentes, les économies dues à l'architecture passive, ce qui sous entends un cahier des charges strict :

 

- 50kWh/m2.an pour le chauffage (énergie primaire)

- 20 KWH/an/m2 : Eau chaude sanitaire

- 15kWh/m2/an pour le solaire

- 7 à 10kWh/m2/an pour l’électricité des parties communes.

 

Un écoquartier doit donc allier technicité, innovations. Aux habitants ensuite d'allier le quotidien qui va avec, car y emménager sans rien changer à ses habitudes, n'a aucun sens pour les plus engagés: la température idéale l'hiver c'est 19°, et on n'utilise pas l'eau de javel pour préserver les roseaux qui recyclent les eaux sales comme à Eva-Lanxmeer. On n'ouvrira pas les fenêtres dans un logement passif, afin de garder la chaleur, et on surveillera sa consommation d'eau et d'électricité sur les compteurs installés au-dessus de l'évier comme à Bedzed. Bref, il faudra s'habituer.

 

Mais les résultats sont là, une famille "Bedzed" consomme moitié moins d'électricité que la moyenne, et produit donc par conséquent moins de CO2.

 

A Rouen,  10.000 personnes habiteront bientôt un l'écoquartier Flaubert, quartier en réhabilitation sur un site industrialo-portuaire de Rouen. Ce projet de rénovation urbaine de 80 hectares est compris dans le projet Seine Ouest qui totalise 800 hectares, et prévoit de transformer cet ancien site industriel en espace urbain et paysager.

 

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Pour aménager le nouveau quartier, trois équipes d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes ont planché depuis 2006. Les 80 hectares de Seine Ouest s’étendent autour de la gare de fret et de friches portuaires. Les trois équipes en compétition pour la réhabilitation de cet espace devaient intégrer dans leurs projets respectifs des bâtiments (50% de logement, 40% d’activité tertiaire et 10% d’équipements publics) allant dans le sens du développement durable.



L’agglomération Rouen voulait aussi que ces projets intègrent le "muscle ferroviaire" existant, et créent un lien entre la Seine et la ville. Les villes de Rouen et Petit-Quevilly, sur lesquelles s’étend le nouveau quartier, avaient en effet été séparées par la guerre et s’étaient reconstruites en tournant le dos à la Seine. Cet effort s’appuie sur la récente construction du pont Gustave-Flaubert. Ce pont levant est le sixième de Rouen et ses 2x2 voies s’élèvent à 50 mètres pour laisser passer les bateaux de commerce mais surtout afin de pouvoir accueillir l’Armada. La presqu’île de Rollet, reliée au pont Gustave Flaubert, sera un espace de promenade.

 

20080122_110141_20080121_172218_osty.jpgL’équipe dirigée par la paysagiste Jacqueline Osty qui a été retenue face aux projets Grumbach et Grether, entend ainsi créer un quartier attractif et dynamique, en soulignant l’appartenance à l’univers portuaire, mais aussi "l’obligation de créer une qualité équivalente à celle de la rive droite". Les quais sont appelés à devenir de "grands espaces" visant à accueillir des événements. Une zone centrale de 20 hectares propose en outre "une forme urbaine originale, un paysage ouvert avec une importante présence végétale" accompagné d’une "grande diversité de fonctions urbaines" regroupant bureaux, logements, équipements et services.


On le voit donc, plus qu'un concept, l'écoquartier se veut d'abord un mode de vie. On construit, on vit, on entretient et enfin on pense la reconversion d'un quartier dans le cadre du développement durable. Plus qu'une opération immobilière à l'échelle d'un quartier, la démarche se doit d'être pensée avec cet objectif.

 

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On le voit bien, entre volonté affichée d'être une grande écocommunauté digne de ses grandes soeurs du Nord et opération d'annonce marketting, l'écoquartier Flaubert devra trouver sa voie et prouver qu'il peut être la figure d'un Rouen durable au XXIe siècle.

 

Plus d'info :

http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/index.php3

 

27/04/2009

La Démocratie Participative ou quand Rouen voudrait bien être Porto Alegre...

990755_meeting.jpgLes chausse-trappes de la démocratie participative

La démocratie participative est considérée à juste titre comme une avancée significative sur le chemin d’une concertation plus riche entre citoyens et élus. Cependant, ses faiblesses de fond, ajoutées à une difficulté indéniable de mise en œuvre, doivent nous convaincre que la désirer est une chose, mais la mettre en place et en retirer tous les fruits attendus en est une autre…

 

 

La démocratie participative, c’est quoi ?
La république où nous vivons fonctionne sur le principe de la démocratie représentative. Nous allons dignement voter à temps voulu pour l’élu ou le projet que nous choisissons, et nous retournons confiants à la maison, avec le sens du devoir accompli, ayant délégué alors l’entière responsabilité de la gestion du pouvoir local ou national au futur élu. Ce dernier devient alors le seul responsable du bon déroulement des projets collectifs.

En « démocratie participative », par contre, le citoyen ne se contente plus de déposer un bout de papier dans une urne : il veut participer plus étroitement à la vie civile, en décidant en commun, par exemple, des investissements à réaliser par sa municipalité. Toutes les enquêtes le confirment, cette demande est récurrente de la part des citoyens.

Une étape vers la démocratie « idéale » ?
Ce mode de participation civil est souvent perçu comme une étape « obligée » vers le stade ultime : la démocratie directe, autogérée, où les orientations et les grands choix de société seraient directement élaborés par les citoyens eux-mêmes…
La ville brésilienne de Porto Alegre, située au sud du pays, célèbre depuis peu pour son Forum social mondial tenu en janvier 2001, est citée régulièrement en exemple comme étant une des applications de la démocratie participative la plus affirmée et la plus aboutie à grande échelle.

Les premières expériences y datent en effet des années 1970, époque à laquelle, pour la première fois des associations de quartiers se sont constituées pour réclamer une participation active et directe aux sujets de collectivité générale : distribution d’eau, assainissement, transports en commun, etc.

Cependant après quelques trente ans d’expérience en la matière, et malgré des succès indéniables, la ville elle-même se considère encore comme un laboratoire permanent. Les difficultés rencontrées furent nombreuses, et le mode de fonctionnement est désormais perçu comme bien plus complexe et délicat à gérer qu’il ne le paraissait au premier abord.

De ces expériences à « ciel ouvert », des enseignements et des constats précieux nous sont offerts :

-Une utilisation pragmatique par le pouvoir en place de cette forme de démocratie : il s’agit d'abord de rétablir une bonne image « politique », d’éviter une impopularité rapide et d’enrayer la baisse civile de participations aux votes. Il est à noter que les élus locaux déterminent seuls les règles du jeux participatif…

-Une volonté des élus municipaux de restreindre le pouvoir participatif des citoyens à la seule dimension consultative : dans ce système de démocratie le conseil municipal devrait seulement mettre en oeuvre les décisions prises. Dans les faits, les occasions ne manquent pas d’augmenter subtilement leur pouvoir. Par exemple, les services techniques de la mairie, par leur expertise initiale, influent en fait grandement sur les décisions finales

la démocratie participative à d’abord été conçue pour exercer son influence au niveau local. De ce fait la gestion des grands débats de société (économie, politique étrangère, droits de l’homme…) lui échappe complètement : un très bon exemple en est donné par les États-Unis : dans ce pays, la démocratie participative locale y est bien plus en avance que chez nous, mais les citoyens Américains ne sont jamais consultés sur les grandes questions nationales et internationales…

En France les exemples concrets et positifs ne manquent heureusement pas. Citons brièvement parmi les plus représentatifs :

-Lille possède son adjoint au maire, délégué à la démocratie participative et a mis en place un « conseil communal de concertation », constitué d’organisations et d’associations représentatives.

-Strasbourg a aussi un « comité citoyen », composé d’habitants de la communauté urbaine.

-L’Ile de France a mis en place entre 1997 et 1999 une élaboration concertée de son plan de développement urbain.

-L’ATU de Grande-Synthe à Dunkerque, est un processus participatif permanent sur l’aménagement urbain original composé de représentants locaux, d’urbanistes et d’habitants.

 

A Rouen, la démocratie participative fut introduite par Yvon Robert, bien avant l'obligation de la mettre en place.
Les conseils de quartier (au nombre de treize aujourd'hui) ont été créés par la loi du 27 février 2002, dite loi Vaillant, relative à la démocratie de proximité, dont les dispositions sont codifiées à l'article L. 2143-1 du code général des collectivités territoriales. Ils existent obligatoirement dans les communes de plus de 80 000 habitants. Leur création est facultative dans les communes de 20 000 à 80 000 habitants. Le conseil municipal est chargé de définir le périmètre du quartier couvert par le conseil ainsi que sa composition.

Durant son mandat, Pierre Albertini dû gérer une démocratie participative balbutiante, en essayant de concilier une envie légitime des conseillers de quartier de "participer davantage", et les réserves d'élus et de services non encore habitués à la démarche.

 

Le thème de la démocratie locale fut un élément important dans la campagne municipale :

 

Confiance en Rouen,l'équipe que nous représentions proposait de franchir une étape suppléméntaire en donnant plus de place à la démocratie participative, et afin que l'avis des citoyens soit davantage pris en compte, la création de maires adjoints de quartier. Une façon de travailler de façon transversale, pour répondre aux préoccupations quotidiennes des habitants et veiller à la bonne exécution des instructions données aux services. Des consultation des riverains avant la réalisation des aménagements de proximité devaient être proposés pour une meilleure acceptation et respect de tous. Enfin, la saisine du conseil municipal à l’initiative des conseillers de quartiers, comme pour la charte sur le bruit, se devait être une possibilité plus souvent offerte.

 

L'équipe de Rouen Motivée proposait elle que les conseillers de quartier soient associés en amont aux décisions, aux réalisations et à l’évaluation sur les délibérations du conseil municipal concernant les projets à l’échelle de leur quartier. Des adjoints territoriaux, responsables de la coordination de l’action des services municipaux seraient nommés, chaque conseil de quartier doté d’un lieu de réunion, de crédits de fonctionnement et d’investissement. Un conseil du budget participatif, réunissant représentants des conseils de quartier, des associations et des commerçants  serait doté d’un budget d’investissement géré par les membres. L’organisation de référendums locaux sur les dossiers importants pour l’avenir de Rouen devrait être privilégié. Enfin, la création d’ateliers urbains de proximité, réunissant habitants, techniciens et élus seraient mis en place pour construire un aménagement urbain…

 

On l'a bien vu depuis un an, la démocratie locale à Rouen a bien progressé sous la conduite de Jean Michel Bérégovoy, et de nombreuses promesses de campagne ont été mise en place. Et c'est tant mieux. Quelques écrans de fumée toutefois, ou des passages en force, comme dans le cas d'école de la consultation sur le devenir de l'Espace Monnet Cathédrale, ou de la destruction de la médiathèque.

 

Nonobstant l'engagement certain de l'adjoint à la démocratie locale, nous l’avons vu, pour prétendre au statut envié de « ville participative », et pouvoir bénéficier pleinement de tous les fruits attendus, il ne suffira pas de tenir au courant les citoyens, par le Rouen Magazine, et de solliciter un vague avis par des débat plus ou moins biens suivis. Quant à la liberté d'emploi d'un budget participatif, là il faudra vraiment voir...

La démocratie participative se donne à qui veut bien faire l’effort de la mériter…